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Carl Rogers – L’homme qui a semé la paix relationnelle à travers le monde

  • Photo du rédacteur: Marie-Claudine GONZALEZ
    Marie-Claudine GONZALEZ
  • 11 août 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 sept. 2025

Un parcours simple mais révolutionnaire

Né en 1902 à Oak Park (Illinois), Carl Rogers voulait d’abord devenir ministre. Mais sa curiosité pour l’humain et ses relations l’a mené à la psychologie. Il développe alors l’Approche centrée sur la personne (ACP), fondée sur trois piliers :

  • L’empathie : entrer vraiment dans le monde de l’autre.

  • La congruence : être authentique, sans masque.

  • Le regard positif inconditionnel : accueillir l’autre tel qu’il est, sans jugement.

En 1946, il devient président de l’American Psychological Association (APA), l’organisation qui rassemble et soutient les psychologues aux États-Unis.

 

Le messager de paix internationale

À partir des années 1970, Rogers met son approche au service de la paix :

  • Irlande du Nord : groupes de dialogue entre catholiques et protestants pendant les Troubles.

  • Afrique du Sud : rencontres pour réduire les tensions raciales à l’époque de l’apartheid.

  • Brésil : soutien à la transition démocratique à la fin de la dictature militaire.

  • Union soviétique : à 85 ans, il anime des ateliers entre Russes et Américains pour dépasser la guerre froide.

Quelques mois avant sa mort en 1987, il est nommé pour le prix Nobel de la Paix pour son engagement dans la résolution des conflits.

 

André de Peretti – un pont vers l’éducation française

En France, Rogers inspire profondément André de Peretti (1916-2017), pédagogue et humaniste, conseiller de l’UNESCO et du ministère de l’Éducation nationale.De Peretti fait connaître Rogers dans le monde éducatif français et milite pour des méthodes qui valorisent l’élève, la coopération et l’écoute active. Ses ouvrages – comme Présence de Carl Rogers – prolongent et adaptent l’ACP à la formation des enseignants.

 

L’ACP dans nos pratiques contemporaines

L’Approche centrée sur la personne a inspiré :

  • La psychothérapie par le jeu : Virginia Axline adapte l’ACP aux enfants.

  • L’art-thérapie expressive : Natalie Rogers (sa fille) intègre créativité et relation empathique.

  • Le focusing : Eugene Gendlin prolonge l’ACP en invitant à écouter ses sensations corporelles.

  • La communication non violente : Marshall Rosenberg structure l’écoute empathique de Rogers en une méthode accessible à tous.

 

Marshall Rosenberg, héritier direct

« Carl Rogers m’a appris que derrière toute colère, il y a une souffrance non entendue. J'ai voulu créer un langage pour rendre cette écoute possible au quotidien. » - Marshall Rosenberg.

Psychologue américain, élève de Rogers à l’Université du Wisconsin, Marshall Rosenberg fonde dans les années 1970 la Communication Non Violente (CNV). Il transforme les attitudes rogériennes (empathie, authenticité, accueil) en un processus clair : Observation – Sentiment – Besoin – Demande. Aujourd'hui, la CNV est pratiquée dans plus de 60 pays, dans les écoles, entreprises, prisons et zones de conflit.

 

Pratiques quotidiennes influencées par Rogers :
  • Médiation sociale : désamorcer les tensions par l’écoute mutuelle.

  • Management participatif : créer des environnements de travail où chacun peut s’exprimer librement.

  • Parentalité consciente : accueillir les émotions des enfants sans jugement.

  • Dialogue interculturel : former des facilitateurs capables de créer un climat de confiance entre groupes.

 

Pourquoi redécouvrir Carl Rogers aujourd’hui

À l’heure où le monde est polarisé, où les désaccords virent rapidement au conflit, Rogers rappelle :

« La paix ne se construit pas seulement dans les traités, mais dans chaque rencontre humaine. »

Ses trois piliers sont universels : ils s’appliquent dans une salle de classe, un bureau, une discussion familiale ou même entre nations. Sans lui, la communication non violente, le coaching humaniste, ou certaines formes de pédagogie coopérative n’auraient peut-être jamais vu le jour.


Redécouvrir Rogers, c’est se souvenir qu’écouter, être vrai et accueillir l’autre sont des actes puissants. Des actes qui, mis bout à bout, peuvent changer des vies… et peut-être le monde.


Marie-Claudine Gonzalez



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