Vous êtes HPI ? HPE ? Et si on s’en fichait un peu ?
- Marie-Claudine GONZALEZ
- 18 août 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 sept. 2025
On entend de plus en plus parler de « zèbres », de HPI (haut potentiel intellectuel) ou de HPE (haut potentiel émotionnel). Ces mots semblent magiques : ils promettent de mettre un nom sur ce que vous ressentez depuis toujours. Mais derrière ces étiquettes, il y a des personnes avec des émotions, des histoires et des contradictions uniques. Et parfois, ces mots peuvent autant aider que compliquer la vie !
Imaginez : vous êtes à un dîner et quelqu’un vous demande votre QI… silence gêné. Pas très rogerien, n’est-ce pas ? Dans cet article, on explore ces étiquettes, leurs avantages, leurs limites, et surtout comment retrouver le plaisir de se rencontrer soi-même, sans se perdre derrière les mots.
Les mots qui collent : HPI, HPE, zèbre… que veulent-ils dire ?
Les termes pullulent. HPI pour l’intellect, HPE pour l’émotionnel, et « zèbre » pour désigner ceux qui se sentent différents, à contre-courant de la norme.
HPI : souvent défini par un QI supérieur à 130. Mais c’est plutôt un indicateur statistique, pas un mode d’emploi de vie.
HPE : une sensibilité émotionnelle intense, une grande empathie, parfois difficile à gérer dans un monde qui valorise la rationalité.
Zèbre : métaphore de la singularité. Comme un animal rayé, chacun a sa combinaison unique de traits, mais ça ne prédit rien de son bonheur ou de ses choix de vie.
Exemple : Julie, 32 ans, se définit comme “zèbre émotionnel”. Elle raconte : “Ça m’a fait du bien d’avoir un mot pour dire que je ressentais tout, très fort… mais je me suis vite rendu compte que mes collègues pensaient que je parlais d’un vrai animal !”
Ces mots peuvent rassurer et donner un repère, mais ils ne racontent qu’une partie de la personne. Et il ne faut jamais oublier que le vécu subjectif reste la priorité, comme le soulignait Carl Rogers : chaque expérience est unique et ne peut être résumée à une étiquette.
L’effet miroir : ce que ces étiquettes apportent
Les étiquettes ont des effets positifs :
Soulagement : se reconnaître dans un mot fait tomber un poids invisible.
Sentiment de légitimité : enfin, on n’est pas “trop” ou “bizarre”, on est juste atypique.
Témoignage : Marc, 40 ans, raconte : “Avant de savoir que j’étais HPI, je pensais que j’étais simplement maladroit socialement… maintenant, je me dis que j’ai juste une façon originale de comprendre le monde. Même si je rate toujours mes blagues !”
Outil de communication : dire “je suis HPE” à ses proches peut ouvrir un dialogue sur ses besoins émotionnels et sur ses réactions intenses.
Repère pour la thérapie : connaître certaines caractéristiques peut guider le thérapeute pour mieux accompagner.
Et oui, parfois être HPI ou HPE, c’est juste se rappeler que notre cerveau aime les montagnes russes… et que crier un peu dans le wagon, ce n’est pas grave !
Les limites : quand l’étiquette enferme
Mais attention : les étiquettes peuvent réduire la personne à un cliché, et laisser croire que tout est écrit d’avance.
Génie incompris, hypersensible à outrance, créatif forcément bohème… autant de stéréotypes qui peuvent peser.
Comparaison constante : “mon QI est plus élevé, donc je devrais réussir mieux que lui” – piège classique.
Témoignage : Sophie, 28 ans, HPE, raconte : “À force de dire que j’étais trop émotive, j’ai fini par me censurer. Et personne ne me demandait ce que je ressentais vraiment.”
Attention - C’est ici que l’on s’éloigne de l’approche rogerienne : Rogers insistait sur le vécu subjectif et l’expérience personnelle, pas sur les cases ou les catégories. L’humain avant le label, toujours.
Une lecture humaniste : dépasser l’étiquette pour rencontrer la personne
Alors, comment naviguer entre la reconnaissance de sa singularité et le risque de se laisser enfermer ?
Redonner la priorité au vécu : comprendre ce que l’on ressent avant de chercher à se qualifier.
Observer les effets des mots : l’étiquette est-elle utile ou bloquante dans mes relations ?
Développer l’écoute empathique : que ce soit en thérapie ou dans la vie quotidienne, l’important est de se sentir entendu et compris.
Exemple : lors d’un atelier art-thérapie, un participant HPI a peint un tableau en forme de spirale. Pour lui, ça représentait son “tourbillon intérieur”. Personne n’a jugé si c’était typique ou pas, mais chacun a reconnu la beauté de son expression.
Intégrer sa singularité
Pour vivre pleinement sa différence, voici quelques pistes concrètes :
Art-thérapie : dessiner, peindre, modeler pour donner forme à ses émotions et à son monde intérieur.
Relation thérapeutique authentique : un espace sûr pour exprimer ses émotions et ses pensées sans crainte de jugement.
Acceptation de soi : apprendre à reconnaître ses forces et ses vulnérabilités, à respecter son rythme et ses besoins.
Et oui, parfois être HPI ou HPE, c’est juste avoir un cerveau qui adore les montagnes russes… et un petit cri libérateur peut faire du bien !
Au final, HPI, HPE ou zèbre, ce ne sont que des mots. Ils peuvent aider à se comprendre ou à communiquer, mais ils ne remplacent jamais le plaisir de se rencontrer soi-même.
Si vous souhaitez approfondir votre singularité et explorer votre monde intérieur, mon livre "Libérez votre intelligence émotionnelle" propose des clés pour mieux se comprendre, avec bienveillance et humour.
Pas de promesses miraculeuses, juste une invitation à découvrir votre propre rythme et vos talents uniques.
Marie-Claudine Gonzalez


Commentaires